jardinbaroque

Quartiers d'été


John CONSTABLE (1776-1837),
Maison dans un champ de blé, c.1817 ou 1833.
Huile sur toile, Londres, Victoria and Albert Museum.

L'été qui revient semble devoir ressembler à l'idée générale que l'on se fait de cette saison, même si au moment où j'écris, quelques bourrasques fraîches agitent les branches du figuier que j'aperçois, pour une poignée de jours encore, par la fenêtre. Sur une petite table, des livres que je n'ai pas, faute de temps, encore lus et d'autres que je veux relire dans les semaines qui viennent. Lettres de Madame de Sévigné, Oberman de Senancour, deux romans de Frédéric Richaud, découverte de ce printemps ; dans quelques jours, ils rejoindront les derniers cartons avant qu'un autre lieu, pas très loin d'ici, les accueille.

Ne croyez pas, chers lecteurs, que je cède à la mélancolie des déménagements. Même quand nous nous posons à un endroit pour un temps que nous espérons long, nous ne sommes jamais que de passage. Les changements ont le mérite de nous rappeler, comme l'affirme si justement la sagesse orientale, que « la seule chose qui ne change pas, c'est que tout est toujours en train de changer ». Je préfère y voir, à quelques jours du deuxième anniversaire de Jardinbaroque, les prémices prometteuses d'un nouveau cycle.
Je ne manque d'ailleurs pas de projets à l'aube de ces deux longs mois de torpeur estivale. Le premier est la création, en parallèle de celui-ci, d'un blog commun avec Henri-Pierre. Cet espace s'intitule À quatre mains, il se trouve en tête de mes liens ci-contre. Ceux d'entre vous qui souhaitent y faire une petite visite y seront les bienvenus. Le second est une sorte de feuilleton, une saga d'été musicale en six ou sept courts épisodes hebdomadaires dont quelques-uns sont déjà écrits. Rendez-vous, pour ceux qui seront là, aux alentours du 16 ou 17 juillet. Bien entendu, il devrait aussi y avoir, parallèlement à cette série, quelques autres billets, mais gageons que, jusqu'à la rentrée et sauf circonstances extraordinaires, Jardin et son auteur vont, eux aussi, adopter le pas faussement tranquille de l'estivant.

Voici pour viatique quelques notes vives de Chabrier, gouleyantes comme ces petites fraîcheurs que l'on sirote ou déguste lorsque l'arrivée du soir délivre des touffeurs du jour. Elles me permettent de souhaiter à ma manière à ceux qui ont la chance d'en prendre d'excellentes vacances et bien du courage aux autres qui, comme moi, travailleront durant ces deux mois. Prenez soin de vous. À bientôt.

Accompagnement musical :

Emmanuel CHABRIER (1841-1894),
Suite pastorale
(1888) :
IV. Scherzo-valse : Allegro vivo.

Wiener Philharmoniker.
John Eliot GARDINER, direction.

Œuvres orchestrales. 1 CD Deutsche Grammophon 447 751-2.

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