Samedi 3 Novembre 2007
Balanciers
Par jardinbaroque, Samedi 3 Novembre 2007 à 16:31 GMT+2 dans Les pas perdus
Il y aurait bien des choses à écrire sur l'histoire de cette forme typiquement baroque qu'est le concerto grosso. Faisant dialoguer, pour simplifier, un petit ensemble de solistes (concertino) avec un orchestre plus fourni (ripieno, incluant le concertino), il est né en Italie dans la seconde moitié du XVIIe siècle. On lui désigne habituellement pour père putatif Alessandro Stradella (1639-1682) et pour plus parfaite illustration l'opus 6 (posthume) d'Arcangelo Corelli (1653-1713). Le concerto grosso s'est également implanté en territoire germanique grâce à Georg Muffat (1653-1704), étendant ses branches jusque dans l'œuvre - les Concertos Brandebourgeois - de Johann Sebastian Bach (1685-1750), mais c'est surtout en Angleterre, où il est arrivé dans les bagages de Georg Friedrich Haendel (1685-1759) qu'il a connu une fortune inespérée, puisque, certes avec des éclipses, on en trouve des exemples jusqu'au XXe siècle.
Pieter Hellendaal (1721-1799), né
à Rotterdam mais installé en Angleterre en 1751, fait partie d'un groupe assez
important de compositeurs qui, suivant la mode propagée par le succès de l'opus
6 de Haendel (1739), produisit, tout au long d'une période s'étalant, à partir
de 1740 environ, sur une vingtaine d'années, nombre de concertos grossos aux ambitions
artistiques variables. Dans ses Six Grand Concertos, opus 3, publiés en
1758, Hellendaal limite les quelques difficultés techniques aux parties
dévolues aux concertistes, les exigences imposées aux ripiénistes étant
réduites au minimum, afin de pouvoir permettre une exécution par des amateurs.
Cependant, cette volonté de simplicité n'est pas forcément synonyme de
platitude expressive. On trouve, par exemple, dans le Concerto V, dans
la pourtant conquérante tonalité de ré majeur, ce Larghetto alternant, comme dans un mouvement de bascule, des
ambiances lumineuses et des zones d'ombre ; cette dualité entre espoirs et inquiétudes me semble refléter avec une certaine justesse les atermoiements de
l'âme humaine, cette nébuleuse ambiguë qui se joue de toutes les aspirations à
la stabilité. Le ciel n'est jamais tout à fait limpide, aux joies les plus
intenses se mêle souvent un soupçon d'amertume.
The European Community Baroque
Orchestra est dirigé du violon par Roy Goodman, qui assure également, avec le
violoniste Andrew Manze, les parties de concertino.
6 Concerti grossi. 1 CD
Channel Classics CCS 3492.




