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Les enfants de novembre

« Tu sais
Ce n'est pas que tu sois parti
Qui m'importe
D'ailleurs tu n'es jamais parti
Tu sais
Ce n'est pas que tu ne chantes plus
Qui m'importe
D'ailleurs pour moi tu chantes encore »

Barbara (1930-1997), Gauguin, 1990.

 
Jan van EYCK (c.1390/95-1441),
Portrait de Giovanni Arnolfini et de sa femme
(détail), 1434.
Huile sur panneau de chêne, Londres, National Gallery.

Je ne suis pas très doué pour les hommages. Je ne voulais pas, cependant, laisser filer le dixième anniversaire de la mort de Barbara sans saluer la mémoire de celle qui fut une compagne quasi quotidienne de mes jours d'adolescent et de jeune adulte. Elle fait partie des artistes qui m'ont appris qu'il n'y avait pas de sourire sans une ombre de tristesse, ni de mélancolie qu'on ne pouvait tenter de faire danser un peu. Depuis, bien sûr, d'autres courants m'ont entraîné vers des rivages différents, mais je n'ai pas oublié.

J'invite ceux qui désireraient entendre la voix de cette grande artiste à se reporter au beau billet que Venezia a publié sur son blog. J'ai choisi, pour ma part, une révérence en jeu de miroir, comme celui que met en scène Jan van Eyck derrière les époux Arnolfini.
Entre un tableau de Tamara de Lempicka et une chanson de William Sheller, qui rendait hommage, en 1981, donc de son vivant, à la longue dame brune, dans ce titre composé « à la manière de », comme, depuis la fin du Moyen-Âge, un compositeur en salue un autre en mettant, le temps d'une œuvre, ses pas dans ceux de celui en qui il reconnaît un maître, j'espère que le sourire de la Louve parviendra à se dessiner un peu.

William SHELLER, Les orgueilleuses. Paroles et musique de William Sheller.

Extrait de :

Tu devrais chanter. 2 CD Mercury France 538557-2.


Tamara de LEMPICKA (1898-1980),
Saint Moritz
(détail), 1929.
Huile sur panneau de bois, Orléans, Musée des Beaux Arts.

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