Mercredi 12 Mars 2008
L'autre est un souvenir
Par jardinbaroque, Mercredi 12 Mars 2008 à 18:30 GMT+2 dans Les pas perdus

Portrait de jeune fille, 1835.
Huile sur toile, Cologne, Wallraf-Richartz-Museum.
Der Frühling malt,
Und wenn des Sommers mildgereifter Segen
In Ähren strahlt.
Ich denke dein, wenn sich das Weltmeer tönend
Gen Himmel hebt,
Und vor der Wogen Wut das Ufer stöhnend
Zurücke bebt.
Ich denke dein, wenn sich Abend rötend
Im Hain verliert,
Und Philomelens Klage leise flötend
Die Seele rührt.
Beim trüben Lampenschein in bittren Leiden
Gedacht ich dein ;
Die bange Seele flehte nah am Scheiden :
« Gedenke mein ! »
Ich denke dein, bis wehende Zypressen
Mein Grab umziehn ;
Und auch in Tempes Hain soll unvergessen
Dein Name blühn.
Sophie Christiane Friederike BRUN (1765-1835),
Ich denke dein (écrit en 1792, publié en 1795).
[Je pense à toi quand, dans une
pluie de pétales,
Le printemps se fait peintre,
Et que rayonnent en doux épis
mûris
Les dons de l'été prodigue.
Je pense à toi quand la mer du
monde se soulève
À grand bruit et monte vers le ciel,
Et que la rive recule en
gémissant, tremblante,
Devant la fureur des flots.
Je pense à toi lorsque le soir
rougissant
Se perd dans le bois,
Et qu'à douce voix de flûte la
plaintive Philomèle
Émeut notre âme.
Au faible halo de ma lampe, au
milieu des peines amères,
J'ai pensé à toi ;
Mon âme anxieuse suppliait au
bord du départir :
« Souviens-toi de
moi ! »
Je penserai à toi jusqu'au jour
où les cyprès ondoyants
Entoureront ma tombe ;
Et qu'aux bois de Tempé même,
inoublié,
Ton nom fleurisse.
Traduction de Jean-Pierre Lefebvre.]
Musique :
Joseph HAYDN (1732-1809),
The Spirit's Song, lied en fa mineur, Hob.XXVIa :41
(1800)
Texte d'Anne Hunter.
Anne Sofie von OTTER, mezzo-soprano.
Melvyn TAN, pianoforte (d'après
l'école viennoise) de Salvatore Lagrassa, Palerme, c.1815.
Mozart et Haydn : Songs & Canzonettas. 1 CD
Archiv produktion 447 106-2.
[Texte chanté et traduction :
Hark ! what I tell to thee,
Nor sorrow o'er the tomb;
My spirit wanders free,
And waits till thine shall come.
All pensive and alone,
I see thee sit and weep,
Thy head upon the stone
Where my cold ashes sleep.
I watch thy speaking eyes,
And mark each falling tear;
I catch thy passing sighs,
Ere they are lost in the air.
Écoute ce que je te dis !
Ne t'afflige pas sur ma
tombe ;
Mon esprit erre librement
Et attend que vienne le tien.
Toute pensive et solitaire,
Je te vois assise et en larmes,
La tête posée sur la pierre
Où ma cendre froide repose.
Je guette tes yeux éloquents,
Note chaque larme qui
coule ;
J'attrape tes soupirs qui passent
Avant qu'ils se perdent dans
l'air.]




