Lundi 31 Decembre 2007
Septentrions
Par jardinbaroque, Lundi 31 Decembre 2007 à 19:22 GMT+2 dans Intimités

Niederhaslach (Alsace,
département du Bas-Rhin),
Collégiale Saint Florent (achevée
en 1385),
Été 2007 (photo : collection
personnelle).

Je vous concède, chers lecteurs, que ce billet n'a rien d'original. Ne croyez pas que je sacrifie au rituel des vœux juste pour suivre une tradition qui, comme celle des fêtes de fin d'année s'est peu à peu vidée de sens, remplaçant un événement qui, que l'on soit croyant ou non, demeure tout de même fondateur pour notre culture occidentale (la naissance de Jésus), par une orgie de débordements matériels doucereusement bénie par un vieillard arborant fièrement les couleurs d'une célèbre marque de soda américaine. Je ne suis pas amateur de ces réjouissances téléguidées, préférant faire, s'il se peut, de chaque jour une fête, pour peu qu'une découverte musicale, picturale ou livresque soit venue s'y glisser.

Avant toute chose, je tiens à vous souhaiter, à vous qui me faites l'honneur de venir flâner ici ainsi qu'à tous ceux qui vous sont chers, une excellente année 2008, en espérant qu'elle mettra à votre portée tout ce que vous pouvez légitimement désirer. Je veux aussi vous exprimer ma plus profonde gratitude pour vos commentaires et vos encouragements. Vous devinez sans peine que faire vivre un espace comme celui-ci est un exercice souvent exigeant et quelquefois frustrant, dans la mesure où les billets qui revêtent, aux yeux de l'auteur, un poids particulier, par le temps de recherches qu'ils ont nécessité ou l'idée qu'ils souhaitent exposer, ne sont pas toujours ceux qui rencontrent le plus d'écho. La chaleureuse sympathie que vous, lecteurs, avez si souvent déployée ici a balayé bien des doutes. Je tenais à vous en donner acte et à vous en remercier.

Je prévoyais, pour 2007, d'axer largement ce blog sur un sujet qui me passionne, la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Une visite au Musée de l'Œuvre Notre Dame de Strasbourg, à la fin de l'hiver, a radicalement bouleversé ce dessein, en faisant souffler sur mes projets un vent médiéval et rhénan totalement inattendu. Vous avez d'ailleurs sans doute noté qu'au fil des mois, la place consacrée aux contrées situées des deux côtés du Rhin tendait à s'élargir. Sans vouloir préjuger de ce que sera la substance des mois à venir - les bonnes résolutions prises en janvier étant généralement celles auxquelles on ne se tient pas - je gage néanmoins que cette tendance rhénane, voire, plus largement, germanique, risque fort de constituer l'ossature de cette nouvelle année. Sans vouloir minimiser l'importance d'autres contrées dans le domaine artistique, l'Italie notamment, je tiens à réaffirmer ici que l'impérialisme culturel italien, que l'on peut faire remonter, tout anachronisme bu, à la Rome Antique, a eu et a toujours tendance à faire oublier qu'il y a eu une vie culturelle en dehors de la péninsule. Oui, l'influence italienne a été souvent déterminante dans bien des formes d'art, mais non, l'art ne se réduit pas à cette empreinte, si profonde soit-elle, quoi qu'en disent les mandarins d'un savoir que son incapacité à se remettre en question condamne à la pétrification. Mais il est vrai qu'il est tellement plus facile, ne serait-ce que pour des raisons d'accessibilité, de s'extasier sur l'art florentin que sur l'art colonais. Je ne ferme, bien entendu, aucune porte, qu'elle soit géographique ou temporelle, mais il est, à mes yeux, évident que je compte laisser ici la place la plus large possible aux Écoles du Nord, ainsi qu'à la France ou à l'Angleterre. D'autres se chargent, bien mieux que je ne saurais le faire, de dire leur passion pour l'Italie, et je ne peux qu'inciter les amateurs à aller visiter leurs pages (Venezia ou Philippe, dans mes liens).
Pour finir, quelques rendez-vous.
L'année 2008, hors du centenaire des naissances d'Herbert von Karajan et
d'Olivier Messiaen, ne devrait pas être propice à de vastes célébrations
musicales. En un sens, tant mieux, car quand on voit le peu d'intérêt qu'a
soulevé, du moins en France, le tricentenaire de la mort de Dietrich Buxtehude,
il y a de quoi pleurer. En attendant 2009, qui devrait, espérons le, être
l'année Haydn, je vais tenter, avec mes modestes moyens, de vous proposer, une
fois par mois, un billet consacré à une grande figure de la fin du
Baroque : Georg Philipp Telemann (1681-1767). Une année ne sera pas de
trop pour non pas faire le tour de l'œuvre de ce compositeur majeur, la
faiblesse de mes connaissances ne l'autorisant pas, mais effleurer les diverses
facettes d'un talent aussi éminent que protéiforme.
Je termine en vous
signalant deux expositions majeures. La première, partagée entre le Musée
d'Unterlinden (Colmar) et la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe (Allemagne),
se déroulera jusqu'au 2 mars 2008 autour de la figure de Matthias
Grünewald (c.1475/80-1528) et de ses contemporains. A Colmar, c'est, bien
entendu, la genèse du polyptyque d'Issenheim qui est mise à l'honneur, tandis
qu'à Karlsruhe, l'accent est porté sur l'art germanique autour de 1500 ;
les deux volets sont, à mon sens, également essentiels. La seconde est celle
organisée du 28 mars au 6 juillet 2008 par le Musée de l'Œuvre Notre Dame
(Strasbourg), et dont l'intitulé Strasbourg
1400, est, à lui seul, la promesse de tous les bonheurs. Elle devrait
s'attacher à rendre sensible le rayonnement artistique de la capitale
alsacienne à l'époque du « gothique international » ; gageons
qu'entre les richesses conservées en Alsace et les prêts consentis par les
musées européens, nul ne pourra plus ignorer le message que cet art a, lui
aussi, à nous transmettre.
Bonne année de culture et d'émotions à toutes et à tous, et, une fois encore, merci pour votre fidélité. A très bientôt.
Joseph HAYDN (1732-1809),
Symphonie en ré majeur, Hob. I:104 (Londres, 1795) :
Finale. Spiritoso.
Orchestra of the 18th Century. Frans BRÜGGEN, direction.
Extrait de :
Les symphonies londoniennes. 4 CD Philips Classics 442 788-2.
Illustrations :
Joseph Mallord William TURNER
(1775-1851) :
1. Vue de Bâle, c.1806-1807.
Pointe sèche et aquarelle sur
papier, Londres, Tate Gallery.
2. Vue de Cologne, 1826.
Huile et aquarelle sur toile,
Londres, Tate Gallery.
Georg LICHTENSTEGER (1700-1781) :
3. Georg Philipp Telemann,
c.1745.
Gravure, Berlin, Archiv für Kunst und Geschichte.
L'affiche de l'exposition Grünewald est issue du site de La tribune de l'Art (dans mes liens), vous accéderez au site du musée d'Unterlinden en cliquant dessus. La photographie de Strasbourg appartient à ma collection personnelle.





