Mercredi 26 Juillet 2006
Vanités
Par jardinbaroque, Mercredi 26 Juillet 2006 à 18:39 GMT+2 dans Intimités
Il semblerait que l'Homme soit né pour être vain :
il se grise du peu qu'il estime être sien,
brûle de posséder ce qu'il estime mieux :
plus il se sait fragile, plus il est vaniteux.
Vanité du pouvoir qui oublie trop souvent
que tourner brusquement est le propre du vent,
qu'on demeure toujours l'obligé de quelqu'un
et que son bon plaisir peut faire de nous son chien.
Vanité d'avoir qui excite nos bassesses,
nous fait accumuler sans repos des richesses
que le moindre voleur bientôt nous ravira
ou dont notre mort de jouir nous empêchera.
Vanité du savoir quand toute notre science
ne sert qu'à masquer une infinie indigence.
A quoi bon étaler le peu qu'on a appris
quand tout le reste encore échappe à notre esprit ?
Vanité de penser qu'à soi-même on suffit,
qu'on affrontera mieux seul ce qui nous défie.
On est rarement de soi le meilleur apôtre :
l'âme, pour s'élever, a tant besoin des autres.
Vanité de l'amour lorsqu'il ne se résume
qu'à petites routines et relents d'amertume,
quand l'ont déserté tout plaisir et toute envie
et que son seul ciment est l'art du compromis.
Vanité du paraître quand sa loi devient
l'unique raison d'être ou de se sentir bien.
La puissance accordée à l'image est un leurre :
elle nous change en vieillards avant qu'il ne soit l'heure.
Vanité de mes mots, que je mesure sans peine,
comme un pauvre connaît la mesure de sa gêne.
En toute humilité, je les offre au bûcher
où je viens de jeter les autres vanités.




