Vendredi 24 Novembre 2006
Histoire salée
Par jardinbaroque, Vendredi 24 Novembre 2006 à 20:56 GMT+2 dans Hors les murs
Marsal est située au cœur du Saulnois, au sud du département de la Moselle, à 8 kilomètres au sud-est de Château-Salins. Le site de Marsal était à l'origine un marais entouré par deux bras de la Seille. Ce village situé sur l'ancienne voie romaine de Metz à Strasbourg a été marqué, dès le Néolithique, par l'exploitation du sel, très abondant dans le sous-sol. Il est ainsi construit sur un radier artificiel, le briquetage (accumulation de débris de moules à sel en terre cuite) de la Seille, issu d'une technique d'extraction du sel aux époques celtique et gauloise avant l'occupation romaine. Ce sont d’ailleurs les Romains qui donneront au lieu le nom de Marosallum, attesté sur une stèle érigée par les Marsalais en l'honneur de l'empereur Claude en 44. À partir du XIIe siècle, l'évêché de Metz et le duché de Lorraine se disputent le contrôle des salines de la région. C'est au XIIIe siècle que sont érigées les premières fortifications de la place. Au XIVe siècle l'évêque Renaud de Bar obtient le contrôle des salines de Marsal, Moyenvic et Vic. Mais il y aura encore de nombreux affrontements entre l'évêché et le duché pour le contrôle des salines. Quand l’évêché de Metz est rattaché à la France en 1552, le roi fait occuper Marsal de 1553 jusqu'en 1593 où il doit céder le site à Charles III de Lorraine. Celui-ci fait fortifier le village en 1620. Le 2 septembre 1663, Louis XIV s'empare de la place. Il confie à Vauban l'amélioration des fortifications et fait fermer les salines en 1699.
Que reste-t-il de cette splendeur passée ?
La Porte de France, appelée autrefois porte Notre-Dame, et qui défendait l'accès principal à la cité. Elle a été fortement remaniée par Vauban dans la première moitié du XVIIe siècle. Elle abrite le Musée du Sel, qui retrace une vision d'ensemble de l'histoire du sel et des techniques d'extraction : la mine, le sondage, la poêle à sel jusqu'à la chimie du sel et la littérature autour du sel, mais comporte également quelques pièces intéressantes, comme cette Vierge ouvrante du XIVe siècle.
L’église qui allait devenir la collégiale Saint-Léger en 1222 remonte à l’époque mérovingienne. L’édifice a subi de nombreuses transformations depuis le bas Moyen-Âge. Depuis le bas Moyen Âge, l’édifice a subi plusieurs transformations. Au XIVe siècle, on détruisit l’abside romane, dont subsiste l’arc principal, pour la remplacer par un chœur gothique à cinq pans. On ouvrit de grandes baies flamboyantes dans le mur du bas-côté nord, et l’on construisit la chapelle de Notre-Dame de Bon Renom. Une voûte d’ogives couvrit l’entrée du chœur ; chapiteaux et clefs de voûte représentent des anges, des feuillages et des bourgeois de l’époque. A la fin du XVIIe siècle, on retailla les piliers en colonnes. Depuis, en raison de l’instabilité du sous-sol, le bâtiment a subi de nombreux affaissements, et doit être consolidé.
Joli village dont l’histoire, hors musée du sel, pourrait sans doute être mieux mise en valeur (on manque d’informations sur place), mais dans lequel il est agréable de déambuler lorsque vient la pénombre d’une soirée qui commence, juste avant d’aller retrouver le bruit de la ville.





