Mardi 31 Octobre 2006
Da Vinci, portraits d'après nature
Par jardinbaroque, Mardi 31 Octobre 2006 à 19:13 GMT+2 dans Hors les murs
Visite du manoir du Clos Lucé par une après-midi d'automne chaude et ensoleillée.
Située à quelques centaines de mètres du château d'Amboise (Indre et Loire), cette demeure est surtout célèbre pour avoir abrité les dernières années de Leonardo da Vinci, installé en ces lieux par François Ier en 1516, jusqu'à sa mort, le 2 mai 1519. Les restaurations entreprises dès les années 1960 pour rendre à la bâtisse un esprit Renaissance, pour heureuses qu'elles soient, n'ont malheureusement pas réussi à faire pleinement revenir l'esprit du maître, qui est, à mes yeux, le grand absent du lieu. Difficile, en dépit du comédien débonnaire à barbe blanche arpentant de façon fantômatique salles et parc ce dimanche-ci, de se dire que l'on va réellement croiser le maître près d'une des cheminées ou au détour d'un bosquet. L'illusion ne remplace pas l'esprit.
Le coeur un peu las, on va oublier le vide des salles du manoir dans les allées ombrées du parc, dans cette nature chère au fils des campagnes toscanes. Passons sur le côté parc d'attraction, qui a néanmoins le mérite d'exposer aux yeux du plus grand nombre, et à taille réelle, les inventions de Leonardo, mais qui sent parfois un peu son Futuroscope Renaissance, et avançons vers un coin moins fréquenté. Et là, enfin, la magie opère.
Cinq immenses toiles, suffisamment fines pour laisser filtrer ombres et lumières, tendues dans les arbres, nous présentent des visages peints par le maître. L'art et la nature, l'art dans la nature, la nature comme élément de l'art : c'est exactement ça, l'esprit de da Vinci. Ici, pas de mystères à la gomme issus d'une réinterprétation probablement abusive d'une fresque célèbre, non, juste des branches, des feuilles et du ciel qui redessinent à l'infini l'oeuvre confiée aux pinceaux, suivant l'heure de la journée, le vent, les intempéries. Un véritable moment de communion avec l'âme du maître que l'on voudrait pouvoir prolonger longtemps.

Saint Jérôme (détail), c.1480-82 (inachevé).
Original : huile sur bois, Rome, Pinacoteca Vaticana.

Portrait de Cecilia Gallerani (détail), c.1490.
Original : huile sur bois, Cracovie, Czartorychi Museum.

La vierge aux rochers (détail), c.1493-95 et 1507-08.
Original : huile sur bois, Londres, National Gallery.

Portrait de Mona Lisa del Giocondo (détail), c.1503-06.
Original : huile sur bois, Paris, Musée du Louvre.

Saint Jean Baptiste (détail), c.1513-16.
Original : huile sur bois, Paris, Musée du Louvre.
Située à quelques centaines de mètres du château d'Amboise (Indre et Loire), cette demeure est surtout célèbre pour avoir abrité les dernières années de Leonardo da Vinci, installé en ces lieux par François Ier en 1516, jusqu'à sa mort, le 2 mai 1519. Les restaurations entreprises dès les années 1960 pour rendre à la bâtisse un esprit Renaissance, pour heureuses qu'elles soient, n'ont malheureusement pas réussi à faire pleinement revenir l'esprit du maître, qui est, à mes yeux, le grand absent du lieu. Difficile, en dépit du comédien débonnaire à barbe blanche arpentant de façon fantômatique salles et parc ce dimanche-ci, de se dire que l'on va réellement croiser le maître près d'une des cheminées ou au détour d'un bosquet. L'illusion ne remplace pas l'esprit.Le coeur un peu las, on va oublier le vide des salles du manoir dans les allées ombrées du parc, dans cette nature chère au fils des campagnes toscanes. Passons sur le côté parc d'attraction, qui a néanmoins le mérite d'exposer aux yeux du plus grand nombre, et à taille réelle, les inventions de Leonardo, mais qui sent parfois un peu son Futuroscope Renaissance, et avançons vers un coin moins fréquenté. Et là, enfin, la magie opère.
Cinq immenses toiles, suffisamment fines pour laisser filtrer ombres et lumières, tendues dans les arbres, nous présentent des visages peints par le maître. L'art et la nature, l'art dans la nature, la nature comme élément de l'art : c'est exactement ça, l'esprit de da Vinci. Ici, pas de mystères à la gomme issus d'une réinterprétation probablement abusive d'une fresque célèbre, non, juste des branches, des feuilles et du ciel qui redessinent à l'infini l'oeuvre confiée aux pinceaux, suivant l'heure de la journée, le vent, les intempéries. Un véritable moment de communion avec l'âme du maître que l'on voudrait pouvoir prolonger longtemps.

Saint Jérôme (détail), c.1480-82 (inachevé).
Original : huile sur bois, Rome, Pinacoteca Vaticana.

Portrait de Cecilia Gallerani (détail), c.1490.
Original : huile sur bois, Cracovie, Czartorychi Museum.

La vierge aux rochers (détail), c.1493-95 et 1507-08.
Original : huile sur bois, Londres, National Gallery.

Portrait de Mona Lisa del Giocondo (détail), c.1503-06.
Original : huile sur bois, Paris, Musée du Louvre.

Saint Jean Baptiste (détail), c.1513-16.
Original : huile sur bois, Paris, Musée du Louvre.




