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Sous son aile


Hans MEMLING (c.1435/1440-1494)
Triptyque du Jugement Dernier (détail), 1466-1473.
Huile sur bois, Gdansk, Muzeum Narodowe.

 

[...] Pourtant du cosmos la beauté visible
Retient moins les yeux de qui la contemple,
Que la loi de Dieu, par secrètes rênes,
Ne guide les âmes vers l'amour du bien.

Puisque sa promesse, ignorant la fourbe,
Par l'éclat du vrai raffermit les cœurs.
La faute punie selon la justice
Fait aimer la peine et les torts répare.

Si pur est l'éclat des mots qui dessillent
Les yeux ; et si pur resplendit le culte
De la sainteté qui malgré les ans
Résiste aux assauts de la vétusté.

Le droit et le sceau de la vérité
Sur tables d'airain serrent ses décrets
Bien plus doux que miel, de loin préférables
À l'or, tout ainsi qu'aux gemmes splendides.

Gravés au tréfonds du secret du cœur,
Ils sont toujours près de ton serviteur :
Qui n'ignore pas qu'à veiller sur eux
Mainte récompense se prépare aux cieux.

Qui prise les fautes d'une âme égarée,
Lorsque la redresse l'humaine sagesse ?
Efface ces taches qu'insidieusement
En ton cœur instille l'erreur tortueuse,

Fais que de mon cœur l'empire ne tombe
Au pouvoir funeste d'un orgueil sans frein.
Ainsi des liens des maux qui m'enchaînent
Sans difficulté tu me déferas.

Ces mots que ma langue répand, qu'en silence
Mon esprit retourne au for intérieur,
Ô de mon salut, Toi, la citadelle,
Entends-les, Seigneur, Dieu et Rédempteur.

George BUCHANAN (1506-1582),
Paraphrases des Psaumes, XIX, vers 37 à 68,
(publiées en 1566, écrites avant 1553).

Traduit du latin par Pierre Laurens.


Musique :

Josquin DESPREZ (c.1440-1521),
Qui habitat (Psaume 91, 1-8), motet à 24 voix.

Huelgas Ensemble - Paul van NEVEL, direction.


Extrait de :
Utopia Triumphans, la grande polyphonie de la Renaissance. 1 CD Sony « Vivarte » SK 66 261.


[Original et traduction du texte chanté :

Qui habitat in adjutorio altissimi
in protectione Dei caeli commorabitur.
Dicet Domino : Susceptor meus es tu,
et refugium meum : Deus meus sperabo in eum.
Quoniam ipse liberavit me
de laqueo venantium et a verbo aspero.
Scapulis suis obumbrabit tibi
et sub pennis ejus sperabis.
Scuto circumdabit te veritas ejus :
non timebis a timore nocturno,
a sagitta volante in die
a negotio perambulante in tenebris
ab sincursu et daemonio meridiano.
Cadent a late tuo mille,
et decem milia a dextris tuis :
ad te autem non appropinquabit.
Verumtamen oculis tuis considerabis :
et retributionem peccatorum videbis.

Celui qui habite sous l'abri du Très-Haut
repose à l'ombre du Tout-Puissant.
Je dis à l'Éternel : mon refuge et ma forteresse,
mon Dieu en qui je me confie !
Car c'est lui qui me délivre
du lacs du chasseur et de la pestilence.
Il te couvrira des ses plumes,
et tu espéreras sous ses ailes.
Sa vérité te sera bouclier,
Tu ne craindras ni la terreur de la nuit,
ni la flèche qui vole de jour,
ni la peste qui marche dans l'obscurité,
ni la destruction qui frappe en plein midi.
Que mille tombent à ton côté,
et dix mille à ta droite,
rien ne t'atteindra.
Et, de tes propres yeux,
tu verras le salaire des méchants.]

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