Lundi 23 Juillet 2007
Sous son aile
Par jardinbaroque, Lundi 23 Juillet 2007 à 19:28 GMT+2 dans Correspondances

Hans MEMLING (c.1435/1440-1494)
Triptyque du Jugement Dernier
(détail), 1466-1473.
Huile sur bois, Gdansk, Muzeum
Narodowe.
[...] Pourtant du cosmos la beauté
visible
Retient moins les yeux de qui la
contemple,
Que la loi de Dieu, par secrètes
rênes,
Ne guide les âmes vers l'amour du
bien.
Puisque sa promesse, ignorant la
fourbe,
Par l'éclat du vrai raffermit les
cœurs.
La faute punie selon la justice
Fait aimer la peine et les torts
répare.
Si pur est l'éclat des mots qui
dessillent
Les yeux ; et si pur resplendit
le culte
De la sainteté qui malgré les ans
Résiste aux assauts de la
vétusté.
Le droit et le sceau de la vérité
Sur tables d'airain serrent ses
décrets
Bien plus doux que miel, de loin
préférables
À l'or, tout ainsi qu'aux gemmes
splendides.
Gravés au tréfonds du secret du
cœur,
Ils sont toujours près de ton
serviteur :
Qui n'ignore pas qu'à veiller sur
eux
Mainte récompense se prépare aux
cieux.
Qui prise les fautes d'une âme
égarée,
Lorsque la redresse l'humaine
sagesse ?
Efface ces taches qu'insidieusement
En ton cœur instille l'erreur
tortueuse,
Fais que de mon cœur l'empire ne
tombe
Au pouvoir funeste d'un orgueil
sans frein.
Ainsi des liens des maux qui
m'enchaînent
Sans difficulté tu me déferas.
Ces mots que ma langue répand,
qu'en silence
Mon esprit retourne au for
intérieur,
Ô de mon salut, Toi, la
citadelle,
Entends-les, Seigneur, Dieu et
Rédempteur.
George BUCHANAN (1506-1582),
Paraphrases des Psaumes,
XIX, vers 37 à 68,
(publiées en 1566, écrites avant
1553).
Traduit du latin par Pierre Laurens.
Musique :
Josquin DESPREZ (c.1440-1521),
Qui habitat (Psaume 91,
1-8), motet à 24 voix.
Huelgas Ensemble - Paul van NEVEL, direction.
Extrait de :
Utopia Triumphans, la
grande polyphonie de la
Renaissance. 1 CD Sony « Vivarte » SK 66 261.
[Original et traduction du
texte chanté :
Qui habitat in adjutorio
altissimi
in protectione Dei caeli
commorabitur.
Dicet Domino : Susceptor
meus es tu,
et refugium meum : Deus meus
sperabo in eum.
Quoniam ipse liberavit me
de laqueo venantium et a verbo
aspero.
Scapulis suis obumbrabit tibi
et sub pennis ejus sperabis.
Scuto circumdabit te veritas
ejus :
non timebis a timore nocturno,
a sagitta volante in die
a negotio perambulante in tenebris
ab sincursu et daemonio
meridiano.
Cadent a late tuo mille,
et decem milia a dextris
tuis :
ad te autem non appropinquabit.
Verumtamen oculis tuis
considerabis :
et retributionem peccatorum
videbis.
Celui qui habite sous l'abri du
Très-Haut
repose à l'ombre du
Tout-Puissant.
Je dis à l'Éternel : mon
refuge et ma forteresse,
mon Dieu en qui je me
confie !
Car c'est lui qui me délivre
du lacs du chasseur et de la
pestilence.
Il te couvrira des ses plumes,
et tu espéreras sous ses ailes.
Sa vérité te sera bouclier,
Tu ne craindras ni la terreur de
la nuit,
ni la flèche qui vole de jour,
ni la peste qui marche dans
l'obscurité,
ni la destruction qui frappe en
plein midi.
Que mille tombent à ton côté,
et dix mille à ta droite,
rien ne t'atteindra.
Et, de tes propres yeux,
tu verras le salaire des
méchants.]




