Vendredi 11 Mai 2007
Repentance
Par jardinbaroque, Vendredi 11 Mai 2007 à 21:10 GMT+2 dans Correspondances
Peter Paul RUBENS (1577-1640)
La
Descente de Croix (détail),
panneau central de triptyque, 1612.
Huile sur bois, Cathédrale Notre Dame, Anvers.
[…]
Laissez-la donc ici, près du bois qui la brûle
Elle est aussi contente, en ce sanglant coteau,
Son amant sur la croix lui semble autant aimable
Que du temps qu’il était assis à votre table.
En ce temps de plaisir, de douceur et de miel,
Elle n’aime pas moins son vinaigre et son fiel.
L’absinthe, l’aloès la myrrhe du calice
Et tout ce qui lui peut augmenter son supplice,
Tout ce qui vient de lui la contente et lui plaît.
Elle suce le sang aussi bien que le lait.
Laissant pour son amour toutes les créatures,
Elle aime ses plaisirs autant que ses tortures,
Les épines, les clous, les croix et les douleurs,
Autant qu’elle ferait les roses et les fleurs ;
Rien ne peut rebuter cette âme généreuse,
Parce qu’elle est toujours plus que tous amoureuse [...]
Pierre de SAINT-LOUIS (né Jean-Louis BARTHELEMY, 1626-1684),
La Madeleine au désert de la Sainte-Baume
(1668).
Musique :
Ercole BARNABEI (1622-1687),
Lamento Heu me miseram et infelicem.
Maria Crisitina KIEHR, soprano.
Concerto Soave – Jean-Marc AYMES, clavecin, orgue &
direction.
Extrait de :
Canta la Maddalena, motets et
cantates spirituels du Seicento romain. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901698.
Texte chanté :
Heu me miseram et infelicem
quare
Dominum meum offendi ?
Quare
deliqui ?
Quare in
coelum peccavi ?
Ah, Deus meus,
stultas
vanitates amavi,
inique egi, peccavi,
te derelinquens,
o bonitas infinita.
O mei gemitus
amaræ lacrimæ,
mille prorumpite,
ite in fremitus.
O ergo, quis mihi det lacrimarum
amarissimum fontem,
quis mihi det ?
Vos saltem, o coeli,
vos terra et mare,
sine pace, sine quiete
dolete
mecum, dolete.
Deum amabilem reliqui, o misera
qui sivi insipiens mundum instabilem.
Sic Dominum meum,
sic Deum
offendi,
et non lacrimabor ?
Qua pace fruar, dicite, o coeli,
an lacrimis finem dabo
qua stare potero quiete ?
Dolete mecum, dolete.
[Hélas, malheureuse et infortunée que je suis,
pourquoi ai-je offensé mon Seigneur ?
Pourquoi ai-je failli ?
Pourquoi ai-je péché contre le ciel ?
Ah, mon Dieu,
j’ai aimé d’insensées vanités,
j’ai agi injustement, j’ai péché,
en t’abandonnant,
ô bonté infinie.
Ô gémissements,
larmes amères,
jaillissez de moi innombrables,
faites-vous clameur.
Qui m’a donné cette source
de larmes amères,
qui me l’a donnée ?
Vous, du moins, ô cieux,
vous, terre et mer,
sans paix, sans trêve,
souffrez avec moi, souffrez.
J’ai délaissé un Dieu aimable, ô malheureuse,
pour suivre avec déraison un monde instable.
Ainsi, mon Seigneur,
ainsi j’ai offensé Dieu,
et je ne pleurerais pas ?
Comment jouir de la paix, dites-moi, ô cieux,
si je cesse de pleurer,
comment pourrais-je vivre paisiblement ?
Souffrez avec moi, souffrez.
Traduction de Béatrice Arnal]




