Jeudi 7 Juin 2007
Deux
Par jardinbaroque, Jeudi 7 Juin 2007 à 21:10 GMT+2 dans Correspondances
Pour Jean-Yves et Philippe.
Pour Henri-Pierre et
Charles.
Pour ceux qui s'aiment.

Émile FRIANT
(1863-1932),
Les Amoureux, 1888.
Huile sur toile, Nancy, Musée des Beaux-Arts.
Oh ! Écoute la symphonie ;
Rien n'est doux comme une agonie
Dans la musique indéfinie
Qu'exhale un lointain vaporeux ;
D'une langueur la nuit s'enivre,
Et notre cœur qu'elle délivre
Du monotone effort de vivre
Se meurt d'un trépas langoureux.
Glissons entre le ciel et l'onde,
Glissons sous la lune profonde ;
Toute mon âme, loin du monde,
S'est réfugiée en tes yeux,
Et je regarde tes prunelles
Se pâmer sous les chanterelles,
Comme deux fleurs surnaturelles
Sous un rayon mélodieux.
Oh ! Écoute la symphonie ;
Rien n'est doux comme l'agonie
De la lèvre à la lèvre unie
Dans la musique indéfinie...
Albert SAMAIN (1858-1900),
Musique sur l'eau (Au jardin de l'infante,
1893 et 1897).
Musique :
Gabriel FAURÉ (1845-1924) :
Au bord de l'eau, mélodie opus 8 n°1 (1875).
Texte de Sully PRUDHOMME (1839-1907),
Les vaines tendresses,
1875.
Véronique GENS, soprano. Roger VIGNOLES, piano.
Extrait de :
Nuit d'étoiles, mélodies françaises. 1CD Virgin 7243
545360 21.
[Texte chanté :
S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
le voir passer ;
Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
le voir glisser ;
A l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
le voir fumer ;
Aux alentours si quelque fleur embaume,
s'en embaumer ;
Entendre au pied du saule où l'eau murmure
l'eau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
le temps durer ;
Mais n'apportant de passion profonde
qu'à s'adorer,
Sans nul souci des querelles du monde,
les ignorer ;
Et seuls, tous deux devant ce qui lasse,
sans se lasser,
Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
ne point passer !]




