jardinbaroque

Tout près de toi


Barthélemy HOPFER (1628-1699),
Portrait d'un vieillard avec l' « Exilium Melancoliæ »,
(détails - le second en fin de billet -) c.1650-70.
Huile sur toile, Strasbourg, Musée de l'Œuvre Notre-Dame.

 

 

Was sind wir menschen doch ! ein wohnhaus grimmer schmertzen,
Ein ball des falschen glücks, ein irrlicht dieser zeit,
Ein schauplatz herber angst, besetzt mit scharffem leid,
Ein bald verschmeltzter schnee und abgebrannte kertzen.

Diss leben fleucht davon wie ein geschwätz und schertzen.
Die vor uns abgelegt des schwachen leibes kleid
Und in das todten-buch der grossen sterbligkeit
Längst eingeschrieben sind, sind uns aus sinn und hertzen.

Gleich wie ein eitel traum leicht aus der acht hinfällt
Und wie ein strom verscheusst, den keine macht auffhält,
So muss auch unser nahm, lob, ehr und ruhm verschwinden.

Was itzund athem holt, muss mit der lufft entfliehn,
Was nach uns kommen wird, wird uns ins grab nachziehn.
Was sag ich? wir vergehn, wie rauch von starcken winden.

Andreas GRYPHIUS (1616-1664),
Menschliches Elende (Lissaer Sonnette, 1637).


Musique :

Johann Sebastian BACH (1685-1750) :
Cantate Wer weiß, wie nahe mir mein Ende ? BWV 27 (1726) :
Coro e Recitativo en ut mineur : « Wer weiß, wie nahe mir mein Ende ? ».

Katharine FUGE, soprano - Robin TYSON, alto -
Mark PADMORE, ténor.

The Monteverdi Choir - The English Baroque Soloists.
John Eliot GARDINER, direction.

Enregistré en public à Saint-Jacques de Compostelle le 7 octobre 2000.

 
Extrait de :
Cantates pour le cinquième et le sixième dimanche après la Trinité : BWV 138, 99, 51, 100, 161, 27, 8 et 95 (volume 8 de l'intégrale en cours). 2CD Soli Deo Gloria SDG 104.

 
[Traduction du poème :

Misère de l'Homme

Que sommes-nous donc, hommes ? Demeure d'âpres maux,
Balle de fausse chance, feu follet de l'instant,
Scène d'angoisse emplie de souffrance cuisante,
Neige bientôt fondue et chandelle brûlée.

Cette vie fuit comme un bavardage badin.
Ceux qui ont avant nous quitté l'habit du corps,
Les morts depuis longtemps inscrits dans le grand livre
Sont loin de notre cœur, sortis de la mémoire.

Comme un rêve inutile échappe à notre garde,
Comme un fleuve se perd qu'une force n'endigue,
Tels devront disparaître honneur, louange et nom,

Ce qui prend souffle ici avec l'air s'enfuira,
Ce qui vient après nous nous suivra dans la tombe.
Que dis-je ? Nous passons, fumée dans les grands vents.

Traduction d'André Moret.

Original et traduction du texte chanté :

Wer weiß, wie nahe mir mein Ende ?

(Sopran:)
Das weiß der liebe Gott allein,
ob meine Wallfahrt auf der Erden
kurz oder länger möge sein.
Hin geht die Zeit, her kommt der Tod,
(Alt:)
Und endlich kommt es doch so weit,
dass sie zusammentreffen werden.
Ach, wie geschwinde und behende
kann kommen meine Todesnot!
(Tenor:)
Wer weiß, ob heute nicht
Mein Mund die letzten Worte spricht.
Drum bet ich alle Zeit:
Mein Gott, ich bitt durch Christi Blut,
mach's nur mit meinem Ende gut!

Qui sait combien proche est ma fin ?

[Soprano :]
Seul le cher Dieu peut savoir
si mon pèlerinage sur terre
sera court ou long :
le temps s'enfuit, la mort approche,
[Alto :]
et finalement vient le moment
où ils se rencontrent.
Avec quelle vitesse, quelle prestesse
L'heure dernière s'approche-t-elle !
[Ténor :]
Qui sait si aujourd'hui
Ma bouche ne prononce pas ses dernières paroles ?
C'est pourquoi je prie sans cesse :
Mon Dieu, je vous en prie au nom du sang du Christ,
donnez-moi une bonne fin.]

6 commentaires - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 | Page suivante