Jeudi 14 Juin 2007
La voie des anges
Par jardinbaroque, Jeudi 14 Juin 2007 à 21:45 GMT+2 dans Correspondances

Gustave MOREAU (1826-1898),
Les anges suivant les Rois Mages, c.1860.
Huile sur toile, Paris, Musée
Gustave Moreau.
Tu es, tout d'un coup : voici
tout ce que tu es :
Ton essence vraie et ta multiple
hypostase :
Tes noms ; tes tributs ; l'orbe
que ton orbe écrase :
Contemplation qui se résout en
extase :
Tu es lourd de science et plus
léger que fumée.
Pénétrant et fin comme esprit et
les échos.
Tu es riche d'ans : ô Premier né
du Chaos.
Tu sais discerner l'imbécile et
le héros.
Glacial. Confortant. Diviné.
Divinateur.
Un. Exorbitant. Contemplé.
Contemplateur.
En qui tout s'anime. En qui tout
revient et meurt.
Entendu. Nombreux. Parfum,
musique et couleur.
Double. Dôme et Dieu. Temple
formé de ta voûte.
Triple, Centuplé du lieu des
Dix-mille routes.
Père soucieux de tous les êtres
qu'envoûte
Ton globe parfait profondément
dur et beau.
Victor SEGALEN (1878-1919),
Contemplation (Odes,
1912)
Musique :
Charles GOUNOD (1818-1893) :
Hymne à la nuit, mélodie
pour voix et piano (1869).
Texte de Jules BARBIER (1825-1901).
José van DAM, baryton-basse. Jean-Philippe COLLARD, piano.
Extrait de :
Mélodies françaises. 1CD
EMI 0777 75481822.
[Texte chanté :
Viens, lorsque dans l'azur les
astres radieux
Proclament du Seigneur la
puissance infinie,
Ami, viens écouter leurs célestes
harmonies,
Viens mêler notre amour au
silence des cieux !
Dans le calme des nuits la prière
est plus pure,
L'âme s'élève et monte au séjour
immortel.
Viens adorer tous deux le Dieu de
la nature,
Viens unir notre voix au cantique
éternel !
Vois ce rayon divin que semblent
respirer
Les fleurs qu'il fit éclore aux
splendeurs de sa gloire :
Calices parfumés, elles disent de
croire,
Messager de lumière, il nous dit
d'espérer !
Pur encens de la fleur, doux
rayons de la flamme,
Vous révélez de Dieu l'éternelle
bonté
Aux larmes de nos cœurs, aux
doutes de notre âme,
L'espérance et la foi versent la
charité !]




