Mardi 26 Juin 2007
Le charme rompu
Par jardinbaroque, Mardi 26 Juin 2007 à 21:38 GMT+2 dans Correspondances

Charles-Antoine COYPEL (1694-1752),
La destruction du palais d'Armide (détail), 1737.
Huile sur toile, Nancy, Musée des Beaux-Arts.
[Un autre détail, ainsi que la toile complète figurent infra]
De feu, d'horreur, de mort, de peine, de ruine,
Jours, nuits, ans, temps, moments, je me sens tourmenté,
Et sous les fers meurtriers de ma captivité,
Je vois l'amour cruel qui mon âme ruine.
Je me perds de langueur, de douleurs je me mine,
Ma vie fuit de moi par trop de cruauté,
Et de mortels dédains mon esprit agité
Sent le dernier effort qui ma vie termine.
Vous filles de la nuit, vous Fureurs éternelles,
Vous qui froissez là-bas, dessous vos mains cruelles,
Les esprits échappés du monde et de leurs corps,
Chassez par vos rigueurs la rigueur de ma gêne,
Et si la peine peut se chasser par la peine,
Faites fuir de moi par ma mort mille morts.
François BROUARD, dit BEROALDE de VERVILLE
(1556-1626), Les Souspirs amoureux, III (1583).
Musique :
Christoph Willibald GLUCK (1714-1787),
Armide, drame héroïque en cinq actes, 1777.
Livret (1686) de Philippe QUINAULT (1635-1688).
Acte V, scène 5 : Récitatif et Postlude (Armide) :
« Quand le barbare était en ma puissance ».
Armide : Mireille DELUNSCH, soprano.
Les Musiciens du Louvre - Marc MINKOWSKI, direction.
Extrait de :
Armide. 2 CD Archiv Produktion 459 616-2.
[Texte chanté :
Quand le barbare était en ma puissance,
Que n'ai-je cru la
Haine et la
Vengeance ?
Que n'ai-je suivi leurs transports !
Il m'échappe, il s'éloigne, il va quitter ces bords ;
Il brave l'enfer et ma rage ;
Il est déjà près du rivage,
Je fais pour m'y traîner d'inutiles efforts.
Traître ! Attends ! Je le tiens... je tiens son cœur
perfide.
Ah ! Je l'immole à ma fureur !
Que dis-je ? Où suis-je ? Hélas ! Infortunée
Armide !
Où t'emporte une aveugle erreur ?
L'espoir de la vengeance est le seul qui me reste.
Fuyez, Plaisirs, fuyez, perdez tous vos attraits !
Démons, détruisez ce palais !
Partons ! Et, s'il se peut, que mon amour funeste
Demeure enseveli dans ces lieux pour jamais.]




