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Paroles de vent


John William WATERHOUSE (1849-1917),
Boreas [Borée], 1902.
Huile sur toile, collection particulière.


Voix sans poumons, corps invisibles,
Lutins volants, char des oiseaux,
Vieux courriers, postillons nouveaux,
Sur terre, et sur mer, si sensibles ;

Doux médecins, bourreaux terribles,
Maîtres de l'air, tyrans des eaux,
Qui rendez aux craintifs vaisseaux
Les ondes fières ou paisibles ;

Vents, qui, dans un cours inconstant,
Naissez et mourrez, chaque instant,
Mes jours ne sont qu'un vent qui passe ;

Mon cœur fait naufrage en la mort,
Mais Dieu, du souffle de sa Grâce,
Pousse mon âme dans le port.

Laurent DRELINCOURT (1626-1680),
Sur les vents (Sonnets chrétiens, 1677).


Musique :

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759),
Silete venti, motet pour voix seule et instruments,
HWV 242 (c.1723-25) :
Sinfonia (Largo - Allegro) - Recitativo accompagnato
« Silete venti ».

Sylvia McNAIR, soprano.
The English Baroque Soloists - John Eliot GARDINER, direction.


Extrait de :
Exsultate Jubilate (Haendel : Silete venti et Laudate pueri Dominum, Mozart : Exsultate jubilate). 1 CD Philips 434 920-2.

 
[Original du texte chanté et traduction :

Silete venti, nolite murmurare, frondes,
Quia anima mea dulcedine requiescit.

Silence, les vents, ne murmurez plus, feuillages,
car mon âme repose dans la douceur.]

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