Dimanche 15 Juin 2008
Grâce à leurs yeux
Par jardinbaroque, Dimanche 15 Juin 2008 à 15:30 GMT+2 dans Cimaises
Je dédie ce billet à celles et ceux qui m'ont accompagné durant cette première année de reprise d'études. Sans votre présence, ce chemin aurait sans doute été encore plus difficile à accomplir.
Merci.
Jardin.
Merci.
Jardin.
Les liens en gras dans le texte matérialisent des liens hypertextes (pages en allemand et en anglais, bien mieux documentées sur le plan iconographique).


MAÎTRE DU MAÎTRE-AUTEL DE
ROTTWEIL,
(actif dans le deuxième quart du XVe siècle),
Trône de grâce (Gnadenstuhl, détail), c.1440.
Technique mixte sur bois de sapin, Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle.
(actif dans le deuxième quart du XVe siècle),
Trône de grâce (Gnadenstuhl, détail), c.1440.
Technique mixte sur bois de sapin, Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle.
Faire des recherches dans le
domaine de l'histoire de l'Art ménage, loin des contraintes purement
universitaires, quelques joies véritables. Le bonheur de la découverte en est
une, et non des moindres. Je sais bien que l'œuvre que je vous présente
aujourd'hui ne provoquera pas, demain, une déferlante d'intérêt pour l'art
germanique de la fin du Moyen-Âge, mais elle me semble néanmoins suffisamment
digne d'intérêt pour lui consacrer quelques lignes.


L'impression globale pourrait
être celle d'un hiératisme figé et froid. C'est compter sans le talent d'un
maître qui a su rendre les regards extraordinairement vivants et expressifs.
Voyez celui du Père omnipotent, abîme de tristesse ineffable et de douce
résignation, voyez celui du Fils mort, dont le traitement beaucoup plus
individualisé du visage renforce, en outre, l'humanité, marqué par l'ultime
combat mais au-delà de la souffrance qui continue à ruisseler de son corps,
dont la plaie au côté est mise en valeur par la position des doigts de Dieu qui
semble dire au spectateur : « Vois, c'est pour toi que ceci a
été accompli. Ce sang est celui qui te rachète. » Sous nos yeux se déploie
un drame sacré dont l'implacable dimension humaine, la souffrance de tout père
qui aurait perdu son fils, devait sans doute trouver chez les contemporains,
pour lesquels le souvenir des grandes épidémies était encore vivace, des
résonances qui échappent en partie à notre modernité, mais qui lui conservent un
impact, au-delà des particularités de forme, qui peut toujours nous toucher aujourd'hui.
Accompagnement musical :
Media vita in morte - Ach homo perpende fragilis,
antiphone tropé extrait du Codex 314 d'Engelberg,
manuscrit réalisé entre 1372 et 1400 environ.
Media vita in morte - Ach homo perpende fragilis,
antiphone tropé extrait du Codex 314 d'Engelberg,
manuscrit réalisé entre 1372 et 1400 environ.
Ensemble choral de la Schola Cantorum de Bâle.
Dominique VELLARD, chant &
direction,
Wulf ARLT, direction.
Wulf ARLT, direction.
Extrait de :
Codex Engelberg 314, musique du Moyen-Âge tardif. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi RD77185.




