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Le soleil en face

Joseph mallord William TURNER, Regulus, 1828-1837

Joseph Mallord William TURNER (1775-1851)
Regulus, 1828, repris en 1837.
Huile sur toile, Tate gallery, Londres.

Fils d’un barbier, Joseph Mallord William Turner naît à Londres en 1775. Largement autodidacte, il reçoit néanmoins des leçons dans le domaine de la perspective auprès du peintre Malton avant d’intégrer, en 1789, l'école artistique de la Royal Academy, institution dont il deviendra membre associé en 1799, puis membre à part entière en 1802. Sa première aquarelle est exposée en 1790. Il se consacre ensuite également à la gravure, avant de peindre ses premières huiles en 1796. Son caractère romantique est alors révélé par ses représentations de paysages pittoresques de la Grande-Bretagne, mettant la technique au service de sa propre esthétique (en effet ses paysages maritimes se prêtent aisément aux jeux de reflets de lumière qu'il affectionne). Son talent est assez vite reconnu, ce qui lui permet de posséder sa propre galerie à partir de 1804. En 1807, il est nommé professeur de perspective à la Royal Academy, poste qu’il conservera jusqu’en 1837. Il meurt dans sa maison de Chelsea en 1851.

Turner fut un voyageur. Dès 1795, il voyagea presque chaque année, à la recherche des lumières neuves qui nourrissaient son imagination. 1817, voyage sur le Rhin; 1819, premier voyage en Italie; 1820, la France; 1828, de nouveau l’Italie; 1835, Venise, Berlin, Dresde, Prague et Vienne… Son œuvre est clairement influencée par John Cozens (1752-1797), Richard Wilson (1714-1782), mais surtout, de façon plus inattendue, par Claude Gellée, dit le Lorrain (c.1600-1682), dont il partage le goût pour la lumière et le symbolisme. Ce Regulus du second voyage italien, présenté à Rome en 1828, porte le témoignage de cette influence, mais ose la lumière regardée en face, éblouissante, aveuglante, comme pour rendre sensible au spectateur le supplice du général Regulus dont les carthaginois arrachèrent les paupières.
Turner fut-il un peintre romantique ? Sans doute, du moins jusqu’à son premier voyage en Italie (1819). Son attrait pour le pouvoir suggestif des couleurs l’entraîna ensuite vers d’autres pistes de recherche, souvent incomprises par ses contemporains qui y voyaient des « délires », mais qui font de lui un des précurseurs directs de l’impressionnisme.

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