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Portrait de famille

Nicolas Chaperon, Vénus, Mercure et Cupidon

Nicolas CHAPERON (1612-c.1654/55)
Vénus, Mercure et Cupidon, années 1630.
Huile sur toile, Paris, Musée du Louvre.

Nicolas Chaperon naît en 1612 à Châteaudun (Eure et Loir). Brillant élève de Simon Vouet, la seule œuvre datée et signée connue de lui est une Présentation au temple de 1639, sise en la chapelle Saint Nicolas de Compiègne. En 1642, il s’installe à Rome et travaille avec Nicolas Poussin (1594-1665). Il fait éditer, en 1649, une série de 54 gravures des Loges du Vatican peintes par Raphaël en 1518. Il se brouille avec Poussin (qui ne l’épargnera pas dans ses lettres) et meurt, sans doute à Rome, vers 1654-1655.

Ce Vénus, Mercure et Cupidon, récemment acquis (2005) par le musée du Louvre, se situe très nettement dans le sillage des œuvres de Vouet. Chaperon représente une scène d’un intimisme quasi-familial, où prédomine la fraîcheur de la jeunesse, que ce soit au travers du visage rose et du sein généreusement dévoilé et que l’on devine accueillant de Vénus ou des bras vigoureux de Mercure. On imagine sans peine un couple de jeunes parents (selon une tradition tardive, Cupidon est le fils de Mercure, et non de Mars), ému face aux premiers apprentissages de leur enfant, ce qui souligne le regard tendre que Vénus jette à Mercure, et celui, attentif et empreint d’une légère nuance de sérieux, du dieu aux talons ailés envers son jeune fils. Cet échange de regards confère à cette toile, que son sujet mythologique aurait pu rendre figée, une dimension profondément humaine, presque chaleureuse. D’un point de vue allégorique, il convient de noter que Mercure soutient fermement Cupidon dans son apprentissage de l’écriture, ce qui peut signifier que l’amour doit prendre appui sur le langage et l’éloquence pour pouvoir grandir, et que le dieu de l’amour n’a pas d’ailes (ce qui est loin d’être fréquent), ce qui peut évoquer son inexpérience. En dépit de son sujet d’inspiration païenne, l’atmosphère de ce tableau, douce et lumineuse, ne peut être sans évoquer celle de maints tableaux religieux représentant la sainte famille. Le plaisir de voir grandir un enfant est le même, quelle que soit la religion, et c’est sans doute, au-delà d’un sujet un peu convenu, un des messages que Chaperon a souhaité délivrer.

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