Mercredi 11 Mars 2009
Il faut laisser jardins...
Par jardinbaroque, Mercredi 11 Mars 2009 à 10:57 GMT+2 dans Accueil
« Il faut laisser maisons et vergers et jardins,
Vaisselles et vaisseaux que l'artisan burine,
Et chanter son obsèque en la façon du cygne... »
Pierre de Ronsard (1524-1585), Dernier Vers, 1585.

Caspar David FRIEDRICH
(Greifswald, 1774-Dresde, 1840),
Mur de jardin percé d'une porte, sans date.
Aquarelle sur papier, Hambourg,
Kunsthalle.
Une panne de presque deux jours a rendu, au même titre que tous ceux hébergés par Mabulle, ce blog inaccessible. Rien de bien inquiétant, au fond, et pourtant le pressentiment diffus mais tenace qui s'est fait jour à cette occasion ne m'a guère quitté. Quelque chose planait dans l'air, insaisissable et menaçant. Lundi 9 mars, tôt le matin, la confirmation est arrivée. Le fournisseur qui héberge Jardinbaroque depuis juillet 2006 va connaître de profondes évolutions qui, pour justifiées qu'elles soient, mettent en péril cet espace qui, entre autres, faute de fréquentation suffisante, risque fort, comme un certain nombre d'autres, de passer purement et simplement à la trappe. C'est donc plus de deux ans et demi de travail qui, en quelques clics, s'apprêtent à rejoindre les limbes. Je devrais sans doute être révolté par cette éventualité, mais j'ai beau m'interroger, aucun sentiment de ce type ne m'agite. Tout ce qui naît un jour meurt nécessairement, et si je désirais avoir une preuve que cet espace, malgré son caractère virtuel, est vivant, en voici une.
Le billet que vous êtes en train de lire est le dernier qui sera publié ici. Je ne supprimerai pas brutalement Jardinbaroque, je vais simplement le laisser disparaître doucement, comme un véritable jardin dont les herbes envahissent progressivement les allées, puis dont la croissance non endiguée de la végétation finit par estomper les contours jusqu'à ce que, finalement, il soit impossible d'imaginer qu'il y eut un jour à cet endroit un lieu entretenu par la main de l'homme. C'est une belle aventure qui se termine et je remercie toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin, l'ont accompagnée depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui.
Le chemin entrepris avec ceux qui souhaiteraient le poursuivre ne s'arrête pas pour autant. J'invite donc les lecteurs qui le désirent à cliquer sur ce lien pour découvrir le double, au sens musical du terme, de Jardinbaroque, Passée des arts. Ce nouvel espace est, dans l'acception que pouvait avoir ce terme au Moyen-Âge, une continuation, et j'y transfèrerai, au fil du temps, certains des billets postés ici qui me semblent devoir y figurer aux côtés des nouvelles publications. Ce qui fera la substance de ce « nouveau » blog demeure inchangé, comme je m'en explique dans le billet d'accueil qui est d'ores et déjà en ligne ; seules quelques modifications de détail interviendront, comme, par exemple, le fait que je signe dorénavant mes billets de mon véritable prénom et non d'un pseudonyme. J'invite également, pour finir, celles et ceux qui étaient abonnés à l'actualité de Jardinbaroque à s'inscrire, s'ils le jugent bon, à celle du nouveau blog.
Mais voici le moment pour moi de refermer définitivement le portillon de ce jardin, où je ne reviendrai que pour répondre à d'éventuels commentaires. Adieu donc, cher compagnon, et merci pour tout ce que tu as permis. Dis-toi bien que, comme dans l'air de Boesset, tu meurs sans mourir. Chères lectrices, chers lecteurs, je vous donne rendez-vous à la Passée des arts.
À bientôt, je l'espère.
Jean-Christophe.
Joseph HAYDN (1732-1809), Symphonie
en fa dièse mineur, Hob.1.45, « Les adieux » :
[IV] Finale. Presto (fa dièse mineur) - Adagio (fa dièse majeur).
The Academy
of Ancient Music.
Christopher Hogwood, direction.
Symphonies, volume 7. 3 CD
L'Oiseau-Lyre 443 777-2.




