Pour demain ?
Aux promesses.

Provenchères sur Fave, Vosges,
mai 2007.
Des lointains, des si lointains
j'accours, ami, vers toi,
le plus cher. Mes pas ont dépecé
l'horrible espace entre nous.
De longtemps nos pensers n'habitaient
plus le même instant
du monde : les voici à
nouveau sous les mêmes influx, pénétrés
des mêmes rayons.
Tu ne réponds pas. Tu observes.
Qu'ai-je déjà commis d'inopportun ?
Sommes-nous bien réunis :
est-ce bien toi, le plus cher ?
Nos yeux se sont manqués. Nos gestes
n'ont plus de symétrie.
Nous nous épions à la dérobée
comme des inconnus ou des chiens
qui vont mordre.
Quelque chose nous sépare. Notre
vieille amitié se tient entre
nous comme un mort étranglé par
nous. Nous la portons d'un commun
fardeau, lourde et froide.
Ha ! Hardiment
retuons-la ! Et pour les heures naissantes,
prudemment composons une vivace
et nouvelle amitié.
Le voulez-vous, Ô mon nouvel ami, frère de mon âme future ?
Des lointains (Stèles, 1912).
Maurice RAVEL (1875-1937),
Ma Mère l'Oye, ballet (1908-1910, orchestration 1911) :
Apothéose : Le Jardin
Féerique. Lent et grave.
London Symphony Orchestra.
Claudio ABBADO, direction.
Boléro, Rapsodie Espagnole,
Ma Mère l'Oye, Pavane pour une Infante Défunte. 1 CD Deutsche Grammophon
415 972-2.
Par jardinbaroque, Mercredi 7 Mai 2008 à 13:15 GMT+2 dans Correspondances (article, RSS)




