Au passage

John CONSTABLE (1776-1836),
L'écluse, 1824.
Huile sur toile, Madrid, Musée Thyssen-Bornemisza.
L'arrivée du printemps, cette saison qui, météorologiquement parlant, n'existe pas plus que l'automne, peut-elle expliquer l'envie de mettre certaines choses au propre ? Vu le caractère hésitant du climat qui, au moment où j'écris ces lignes, règne sur la France, il va certainement falloir trouver ailleurs une explication plausible.
Certaines fatigues, en même temps
qu'elles vous vident, vous donnent également envie d'ouvrir grand les fenêtres
et d'emprunter des chemins que, jusqu'ici, vous n'aviez fait qu'effleurer. Sunt bona mixta malis est le sous-titre
d'une messe composée en 1768 par le bon papa Haydn, dont on a retrouvé des
fragments en 1983 dans le grenier d'une ferme irlandaise ; « de
bonnes choses sont mêlées aux mauvaises », ça aurait pu faire un bon
titre, certes un peu long, pour ce trois centième billet. Puisque les temps
sont un peu plus difficiles qu'à l'accoutumée, autant en profiter pour changer
deux ou trois petites choses ici et là.
L'un d'entre vous m'a récemment
écrit, au sujet de la série de billets proposant un bref, partiel et partial, tour
d'horizon de la musique baroque, que ce qui lui manquait ici était l'avis que
je pouvais avoir sur telle ou telle œuvre. Je persiste néanmoins à penser que vous,
lecteurs, vous moquez éperdument des opinions personnelles de celui qui rédige
et publie ici, et que vous avez raison. J'ai la conviction qu'en dépit des
éclairages que l'on se doit d'apporter sur le contexte et les enjeux de sa
création pour minimiser les risques de contresens, l'approche d'une œuvre doit
rester, autant que possible, un dialogue intime entre elle et celui (celle) qui
la reçoit. Un compagnon digne de ce nom indique sans contraindre et laisse
toute la place nécessaire pour que la magie de la rencontre puisse, le cas
échéant, opérer.
Je comprends également fort bien
la perplexité de certains qui, attendant ici des billets sur le monde baroque,
se trouvent confrontés à tout autre chose. Mais si j'ai choisi d'accoler
l'épithète de « baroque » à ce jardin-ci, c'est bien justement pour
signaler qu'y cohabiteraient des choses qui, chronologiquement,
géographiquement, etc. n'ont a priori rien en commun. Je n'ai aucun
goût pour les étiquettes. L'empreinte la plus forte de la subjectivité qui
préside à cet espace est justement celle d'évoluer en fonction des centres
d'intérêt de celui qui, bon an, mal an, le nourrit. Si, dans les mois qui
viennent, le baroque aura toujours sa place ici, devraient aussi apparaître un
certain nombre de sujets qui en sont, en apparence, très éloignés mais qui me
tiennent à cœur, sur lesquels je réfléchis et travaille en ce moment.
Je n'en dis pas plus afin de ne pas créer d'attente artificielle et, conséquemment, de déceptions. Mais je profite de ces quelques lignes pour remercier les lecteurs qui sont restés fidèles à ce jardin et ceux qui, peut-être, le demeureront.
Accompagnement musical :
Gerald FINZI (1901-1956),
Introït en fa majeur pour violon seul et petit orchestre, opus 6
(1925-1927).
Lesley HATFIELD, violon solo.
Northern Sinfonia.
Howard GRIFFITHS, direction.
Gerald Finzi : Concerto pour clarinette, Cinq Bagatelles, Trois Soliloques, Severn
Rhapsody, Romance, Introït. 1 CD Naxos 8.553566.
Par jardinbaroque, Jeudi 1 Mai 2008 à 18:07 GMT+2 dans Intimités (article, RSS)




