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A Tommaso

Détail du Jugement dernier de Michel Ange : le Christ sous les traits de Tommaso Cavalieri

Si l’immortel désir qui élève et régit
les pensées avait l’art de révéler les miennes,
peut-être émouvrait-il encore de pitié
dans la maison d’Amour son maître inexorable.

Mais du fait que notre âme, par divin décret,
surpasse infiniment notre corps en durée,
nous sommes incapables de la louanger
à proportion de sa valeur, qui nous échappe.

Comment donc pourrait-il, hélas, être compris,
le très chaste désir qui consume mon cœur,
de ceux qui, chez autrui, ne voient jamais qu’eux-mêmes ?

Je ne puis plus passer mes très chères journées
auprès de mon seigneur, qui s’en laisse conter,
ceux qui ne croient à rien et tuent la vérité.

Michelangelo di Lodivico BUONAROTTI SIMONI, dit MICHEL ANGE (1475-1564),
Sonnet XXIII, adressé à Tommaso Cavalieri, entre 1533 et 1547.
Traduit de l'italien par Pierre Leyris.

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